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mercredi 18 mai 2011

La défense de Dominique Strauss-Kahn entretient le mystère

La défense de Dominique Strauss-Kahn entretient le mystère

PARIS (Reuters) - Les avocats de Dominique Strauss-Kahn entretiennent le mystère sur la stratégie de défense d'un homme dont l'opinion française reste dans sa majorité convaincue qu'il a été la victime d'une machination.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) est interné depuis lundi dans l'immense complexe pénitentiaire de Rikers Island à New York. Il y fait l'objet d'une surveillance de tous les instants, de peur qu'il ne commette un geste désespéré, a-t-on appris de source proche du dossier.

Un jury populaire de New York doit se réunir vendredi pour statuer sur son éventuel renvoi devant un autre jury qui serait cette fois chargé de le juger. Plusieurs mois pourraient cependant s'écouler avant un procès.

Les avocats de Dominique Strauss-Kahn, qui vont formuler séparément une nouvelle demande de remise en liberté sous caution, devront préciser leur position.

On sait jusqu'ici qu'ils plaident non coupable et que leur client conteste les accusations d'agression sexuelle, tentative de viol et séquestration sur une femme de chambre dans la suite d'un luxueux hôtel de New York, samedi dernier.

Mais on ignore pour l'instant si le patron du FMI nie toute relation avec celle qui l'accuse ou s'il parle de relation sexuelle consentie.

Les Français sont 57% à croire que l'affaire résulte d'un complot, selon un sondage CSA pour BFM TV, RMC et 20 Minutes publié mercredi.

Ils sont également nombreux à pointer du doigt les médias en France, coupables selon eux de n'avoir pas dit tout ce qu'ils savaient de la vie privée de l'homme dont le visage dévasté s'étale en première page de tous les journaux de la planète.

PRESSION DU FMI

Si les avocats de Dominique Strauss-Kahn ne parlent pas, celui de la plaignante affirme qu'elle ignorait l'identité de son agresseur présumé.

Agée de 32 ans, l'employée de l'hôtel Sofitel au centre du scandale est veuve et mère d'une fille de 15 ans avec laquelle elle a émigré aux Etats-Unis il y a sept ans en provenance de Guinée.

"Elle n'avait aucune idée de qui il était et elle n'avait jamais eu affaire à lui auparavant", a déclaré son avocat, Jeffrey Shapiro.

Dominique Strauss-Kahn, qui risque 25 ans de prison si la tentative de viol est établie, est soumis à une pression grandissante pour démissionner du FMI, pour lequel l'affaire est source évidente d'embarras.

Deux sources au sein de l'institution financière internationale ont confirmé à Reuters que le conseil d'administration avait tenté de le joindre pour savoir s'il envisageait ou non de se maintenir à son poste.

"Etant donnée la situation, la mise en liberté sous caution ayant été refusée, il devrait (démissionner) pour ne pas pénaliser l'institution", a dit Maria Fekter, ministre autrichienne des Finances.

Si elle n'est pas encore officiellement ouverte, la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI est déjà l'objet de rivalités, notamment entre pays émergents et Union européenne.

LE PS GROGGY

L'émotion reste grande également en France, où les cartes sont rebattues après la mise à l'écart vraisemblable dans la course à l'élection présidentielle de 2012 de celui que les sondages en désignaient comme le favori.

Groggy, le Parti socialiste fait de son mieux pour afficher son unité sous l'impulsion de Martine Aubry, que ses proches pressent désormais de se déclarer pour 2012.

De la dirigeante du PS à François Hollande, nouveau favori des sondages, en passant par Ségolène Royal et Laurent Fabius, tous les ténors du PS étaient présents mardi lors d'une réunion du bureau national. La gravité des mots et des visages était à la mesure du choc provoqué par l'affaire.

La classe politique continue, à de rares exception près, à plaider la retenue et le respect de la présomption d'innocence, même si certains n'hésitent plus à évoquer l'hypothèse de la culpabilité de Dominique Strauss-Kahn.

"Si les faits sont avérés, nous sommes en présence d'un acte très grave qui n'appelle aucune excuse", a ainsi déclaré mardi à l'Assemblée nationale le Premier ministre, François Fillon.

Service France, édité par Gilles Trequesser

mardi 10 mai 2011

Mandat d'arrêt international contre Xavier Dupont de Ligonnès

Mandat d'arrêt international contre Xavier Dupont de Ligonnès

MANDAT D'ARRÊT INTERNATIONAL CONTRE XAVIER DUPONT DE LIGONNÈS
NANTES (Reuters) - Un mandat d'arrêt international a été émis mardi soir à l'encontre de Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné de l'assassinat de son épouse et de ses quatre enfants, indique le procureur de la République de Nantes dans un communiqué. "A ce stade de l'enquête judiciaire, l'importance des charges à son encontre justifiait juridiquement son changement de statut dans la procédure", estime Xavier Ronsin. "Il reste naturellement toujours présumé innocent, mais ce mandat du juge qui équivaut à une mise en examen." "Il ne pourra plus être placé en garde à vue, mais il pourra être arrêté en tout lieu, en vue de sa présentation ultérieure au magistrat instructeur", explique le procureur de la République de Nantes. "Aucun élément objectif" ne permet toutefois à ce jour de situer Xavier Dupont de Ligonnès à l'étranger, souligne Xavier Ronsin. De même, aucun des 330 signalements reçus après l'émission d'un avis de recherche international n'a été jugé fiable par les enquêteurs. Le père de famille, qui n'a pas donné signe de vie depuis le 15 avril et la découverte de sa voiture sur le parking d'un hôtel à Roquebrune-sur-Argens (Var), avait acheté un silencieux en même temps que des munitions le 12 mars dernier. Criblé de dettes et disposant de faibles revenus, il s'était par ailleurs inscrit à un club de tir peu avant le drame. De même, "aucune preuve d'un embrigadement sectaire récent ou éloigné" de Xavier Dupont de Ligonnès n'a pu être recueillie, selon le procureur de la République de Nantes, alors que la Miviludes a fait état de la création d'un groupe de prières " de type sectaire " par la mère de l'intéressé. Guillaume Frouin, édité par Jean-Philippe Lefief

vendredi 8 avril 2011

Accord Paris-Rome pour endiguer l'émigration tunisienne

Accord Paris-Rome pour endiguer l'émigration tunisienne


L'Italie et la France sont convenues vendredi de patrouiller ensemble au large des côtes tunisiennes pour contenir l'afflux de migrants vers l'Europe, a annoncé le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni.


 ACCORD FRANCO-ITALIEN POUR ENDIGUER L'ÉMIGRATION TUNISIENNE
 Cet accord constitue une première mesure d'apaisement entre les deux voisins européens face à l'arrivée d'immigrés tunisiens via l'île italienne de Lampedusa, qui a provoqué des tensions entre Paris et Rome.

"Afin d'inciter l'Union européenne à combattre l'immigration illégale, nous avons décidé en accord avec la France de mener des patrouilles communes le long des côtes tunisiennes pour stopper les départs depuis la Tunisie", a dit le ministre italien à l'issue d'une réunion à Milan avec son homologue français, Claude Guéant.

Ce dernier, qui a fait du contrôle de l'immigration un de ses chevaux de bataille, s'est réjoui de l'accord intervenu vendredi.

"Depuis le mois de janvier, plus de 25.000 Tunisiens sont arrivés sur les côtes italiennes", a-t-il dit. "Ni l'Italie ni la France n'ont vocation à accueillir ces immigrés (...) Ensemble, et avec une très étroite collaboration, on pourra résoudre cette situation."

La surveillance commune des côtes tunisiennes devrait s'effectuer par le renforcement des moyens aériens et nautiques, a-t-il ajouté.

Le gouvernement de Silvio Berlusconi, qui ne veut pas gérer seul l'afflux des réfugiés, a décidé d'accorder des permis de séjour provisoires aux migrants, ce qui leur permet, sous conditions, de se déplacer librement dans les pays européens de l'espace Schengen.

Mais la France refuse d'accepter ces migrants sur son territoire et les bloque à Vintimille.

Claude Guéant expliquait jeudi que la France n'entendait pas "subir" un afflux d'immigrés clandestins en provenance du Sud méditerranéen et qu'elle refoulerait vers l'Italie les clandestins qui ne disposent pas des ressources nécessaires.

En Italie, Roberto Maroni répliquait en estimant que Paris adoptait une attitude "hostile" à l'égard de Rome et agissait en infraction des accords communautaires européens.

Vendredi, à Milan, l'heure était à l'apaisement entre les deux ministres.

"La convention de Schengen sera strictement appliquée", a dit Claude Guéant, soulignant que seuls les immigrés présentant des ressources économiques suffisantes et des documents d'identité en règle seraient admis sur le territoire français.

"Il revient à chaque pays de vérifier si ces conditions sont remplies", a-t-il ajouté.

La question de l'immigration figurera parmi les principaux dossiers à l'ordre du jour du sommet entre Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, le 26 avril à Rome.

Depuis le début de l'année, selon les données du ministère italien de l'Intérieur, 25.867 migrants sont arrivés en Italie, dont une très large majorité de Tunisiens qui ont traversé la Méditerranée après le soulèvement contre le régime de Zine ben Ali.

lundi 4 avril 2011

L'épave de l'AF447 sera remontée pour résoudre le mystère

L'épave de l'AF447 sera remontée pour résoudre le mystère

L'épave de l'Airbus assurant le vol d'Air France 447 Rio-Paris qui s'est abîmé dans l'Atlantique en juin 2009 au large du Brésil avec 228 personnes à bord a été retrouvée au fond de l'océan et sera remontée pour tenter de résoudre le mystère de l'accident.

L'ÉPAVE DU RIO-PARIS D'AIR FRANCE RETROUVÉE

Des photos de débris repérés par un robot sous-marin samedi soir, vers minuit heure de Paris, par 3.900 mètres de fond, ont été montrées lundi lors d'une conférence de presse du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA).

Plusieurs corps identifiables ont été vus, a ajouté cet organisme de l'aéronautique civile enquêtant sur l'accident sans montrer ces clichés. Il s'agissait de la quatrième phase de recherches en mer depuis l'accident.

"Trouver, c'est une forme de choc, un moment très important pour tous, pour le deuil, pour la recherche de la vérité, pour la recherche d'une sécurité toujours meilleure dans le domaine aéronautique", a dit à la presse la ministre de l'Ecologie et des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet.

On voit notamment sur les photos des moteurs et le train d'atterrissage, des morceaux de voilure et de carlingue posés sur un fond marin plat, une "plaine abyssale" située au nord de la dernière position connue du vol. Les autorités restent discrètes sur les corps. "Ces corps seront remontés et seront identifiés", a seulement dit la ministre.

L'opération de repêchage des morceaux de l'épave sera lancée dans trois semaines à un mois, a-t-elle ajouté. Un appel d'offres a été lancé lundi et un choix final retiendra un navire spécialisé dans des telles opérations. Il y a un candidat américain et deux Français. Ils procéderont avec des robots sous-marins munis de bras articulés. L'Etat paiera la facture.

"Près de deux ans après l'accident, un espoir arrive pour essayer de la comprendre", a dit Jean-Paul Troadec, directeur du BEA. Il a cependant précisé que les "boites noires", les enregistreurs de conversations du cockpit et des données techniques du vol, ne sont pas encore repérées.

ENJEUX INDUSTRIELS ET JUDICIAIRES

L'avion, un A330, s'était abîmé dans l'Atlantique pour une raison encore inconnue dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, emportant dans la mort des passagers de 32 nationalités, dont 72 Français et 59 Brésiliens.

Aucun scénario précis de l'accident n'a été établi.

Un problème des sondes de mesure de vitesse de type Pitot, fabriquées par Thales, qui équipaient les A330 et A340, a été avancé comme une cause possible.

Ces petits tubes placés à l'avant de l'appareil givraient à haute altitude. Le BEA pense cependant que cette défaillance, si elle est confirmée, ne suffit pas à expliquer l'accident.

La réponse au mystère de cette catastrophe comporte des enjeux judiciaires et industriels. Le constructeur Airbus et la compagnie Air France ont été mis en examen mi-mars pour "homicides involontaires" par un juge d'instruction de Paris.

Les deux sociétés ont protesté et expliqué qu'il n'y avait aucune raison de les incriminer tant qu'on ne connaissait pas avec précision les causes de l'accident.

Des débris, dont la dérive de l'avion, avaient été repêchés après l'accident, ainsi qu'une cinquantaine de corps. Le BEA avait alors émis l'hypothèse que l'avion avait heurté la surface de l'eau à l'horizontale et non en "piqué", une idée confortée par la concentration des débris, a dit Jean-Paul Troadec.

L'opération de remontée des débris, qui sera conduite par un enquêteur du BEA, Alain Bouillard, se concentrera en priorité sur les boites noires et les ordinateurs de vol, a déclaré ce dernier. "Il faudra regarder dans quel état les enregistreurs se trouvent, parce que tout dépendra de la capacité de nos équipes à les lire", a-t-il déclaré.

Jean-Baptiste Audousset, qui préside l'une des associations de familles de victimes (Entraide et Solidarité AF447), a parlé d'"un tournant" et d'"un espoir".

lundi 28 mars 2011

La majorité entre dans une zone de turbulences

La majorité entre dans une zone de turbulences


 La défaite de l'UMP aux élections cantonales et des sondages défavorables font entrer la majorité dans une zone de turbulences et de mise en cause de la stratégie de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2012.

 NICOLAS SARKOZY MET EN GARDE LES DIVISEURS DE LA MAJORITÉ
 Le chef de l'Etat s'est attaché lundi, devant la direction de l'UMP réunie à l'Elysée, à dédramatiser le score relativement faible de son parti (20,21%), la poussée du Parti socialiste (35,73%) et celle du Front national (11,73%).

Selon un participant, il a ainsi fait valoir que tous les gouvernements en place en Europe étaient en difficulté.

Cet argument et celui du malaise provoqué par des crises internationales à répétition semblent faire partie du viatique des dirigeants de la majorité et des membres du gouvernement.

"Je crois d'abord qu'il y a (...) un mécontentement général de tous les Européens, et même dans le monde", a ainsi déclaré sur RTL le ministre de l'Industrie, Eric Besson.

Mais pour Gaël Sliman, de l'institut de sondage BVA, ces élections sont indéniablement une "gifle monumentale pour l'UMP et Nicolas Sarkozy" après les municipales et les régionales.

"On a beaucoup de mal à comprendre le discours post-défaite tendant à minimiser son ampleur, a-t-il déclaré à Reuters. Le socle de Nicolas Sarkozy se casse et les vases communicants jouent à plein en faveur du FN."

Cet analyste et des dirigeants de la majorité, notamment de sa frange centriste, mettent en cause le virage à droite engagé par Nicolas Sarkozy depuis son discours de juillet à Grenoble sur la sécurité et le remaniement de novembre, qui a mis fin à l'ouverture à gauche et réduit le centre à la portion congrue.

"ERREUR DE POSITIONNEMENT"

Le malaise est sensible jusqu'au sein du gouvernement, dont le porte-parole, François Baroin, a souhaité lundi que le débat sur la laïcité et l'islam en France, voulu par la direction de l'UMP avec le soutien de l'Elysée, soit refermé au plus vite.

Pour lui et d'autres ministres, ce n'est pas là un bon sujet et l'exécutif, comme le parti, seraient mieux inspirés de se concentrer sur l'emploi et les sujets économiques.

Pour l'ancien porte-parole de l'UMP Dominique Paillé, la majorité paye avec le résultat des cantonales "une erreur de positionnement et une erreur de stratégie".

Le sénateur centriste Hervé Maurey dénonce pour sa part un échec de la stratégie "à droite toute" du chef de l'Etat.

"Depuis des mois, nous avons observé une droitisation de la politique menée par le gouvernement qui, à vouloir concurrencer le Front National le légitime", estime le secrétaire général adjoint du Nouveau Centre, une des composantes de la majorité.

Selon un sondage BVA pour Les Echos, 68% des sympathisants UMP considèrent le FN comme un parti comme les autres.

Un sondage Ipsos rendu public dimanche soir place Nicolas Sarkozy derrière le candidat du PS et la présidente du FN Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle, ce qui est synonyme d'élimination, dans presque tous les cas de figure.

"L'UMP a perdu une partie du vote centriste sans gagner celui de l'électorat du FN", souligne Hervé Maurey dans un communiqué, en invitant l'exécutif à se "recentrer".

"GROSSES PERTURBATIONS" EN VUE ?

Lors de la réunion hebdomadaire de la direction de l'UMP, Nicolas Sarkozy a répondu à cette admonestation par une mise en garde contre "ceux qui voudraient mettre en cause l'unité de la majorité", a rapporté un participant.

Selon un autre, il a confirmé implicitement sa stratégie de candidat unique de la droite en 2012, contre laquelle s'élève les dirigeants centristes, dont Jean-Louis Borloo.

L'ex-ministre de l'Ecologie, président du Parti radical, a commencé à prendre publiquement ses distances et s'est ému entre les deux tours des cantonales du refus de l'exécutif de donner des consignes de vote au nom du "ni FN ni front républicain".

"On va vers des grosses perturbations à l'UMP", prédit Gaël Sliman. "Elles ont en fait déjà commencé avec l'appel au ni-ni", défendu tant par Nicolas Sarkozy que par le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, mais contesté par le Premier ministre, François Fillon, et ignoré par d'autres ministres.

"L'idée d'un candidat alternatif va faire son chemin, si Nicolas Sarkozy continue d'être derrière Marine Le Pen", dit-il, tout en admettant que ce n'est "pas encore" le plus probable.

Une hypothèse sur laquelle un ministre bien en cour à l'Elysée affirme pour sa part qu'il ne faut pas miser un euro.

Il n'en conseille pas moins à Nicolas Sarkozy de renoncer pour l'heure à faire de la tactique électorale, de se concentrer sur les sujets de fond en attendant que la situation se décante et d'officialiser sa candidature "le plus tard possible".